Mue par Marylène Vallet

Mue, c’est le participe passé féminin du verbe mouvoir, se mettre en mouvement. Ce mot évoque un passage, une dynamique, un état transitoire qui ouvre la voie à de nouveaux possibles. Mais c’est aussi un processus de renouvellement, une transformation intime et profonde qui permet à un être de grandir, de se réinventer, de s’émanciper de ce qu’il a été pour devenir ce qu’il aspire à être.

C’est un spectacle de danse qui repousse les limites du corps de l’interprète pour le rendre étonnant et inhumain. Les capacités de souplesse de la danseuse sont utilisées pour créer des personnages étranges. L’acrobatie et l’illusion laissent place à une danse désarticulée et poétique au fur et corps en train de naître. Au-delà du propos sur la transition à l’âge adulte, c’est une recherche de

formes et de déformations, pour créer une sensation d’irréel chez le spectateur et donner vie au drap, jusqu’à en faire un acteur à part entière de la pièce, grâce à une dramaturgie théâtrale.

Un duo poétique et virtuose pour un corps et un drap

Mue, c’est une métaphore de l’adolescence, période charnière entre l’enfance et l’âge adulte où tout change, se bouscule, se redéfinit. Au début, le corps n’a pas de limite. Il est fluide, malléable, protégé dans une enveloppe rassurante qui donne l’impression que l’on peut devenir tout ce que l’on veut.

Au fur et à mesure, elle devient trop étroite, trop rigide pour contenir l’élan vital qui pusse vers le monde extérieur. Une extrémité, une pointe, un bout, une main, peut-être un pied ou une patte commencent à apparaître en dehors, la forme change et se stabilise. Le corps se resserre, se sculpte. Puis le cocon ne peut plus te contenir, il faut s’en libérer pour devenir qui il a décidé être. Et en même temps, on ne sait pas quoi faire avec ce nouveau corps qu’on ne sait pas habiter. Le cocon résiste comme s’il ne voulait pas partir. Et une fois qu’il s’est détaché complètement, il devient visible, exposé au regard des autres, sans protection. Il n’est plus une peau, mais il n’est pas non plus un objet. Il est là, un témoin silencieux de tout ce que l’on a traversé. Que peut-on lui donner, à lui qui nous a tout donné ? Peut-être des souvenirs, des gestes, une dernière étreinte, une gratitude, sans jamais l’oublier.


Mue est interprétée par Marylène Vallet

Marylène Vallet est danseuse et chorégraphe. Elle se forme en grande partie en autodidacte et découvre la culture hip-hop en 2018 pendant ses études de lettres modernes. Elle décide de se spécialiser en acrodanse puis en danse électro quelques années plus tard, tout en conservant une base de contemporain. Son style, graphique et hors-normes, s’épanouit notamment dans les battles all-style et expérimentales. Elle se nourrit de pratiques très variées à travers de nombreux stages, elle travaille notamment la méthode somathique Sinovi avec Sylvie Kukla. Elle a fait partie de la compagnie Artmind basée à Caen, notamment dans Enying (2023), et a collaboré avec la compagnie BurnOut de Jann Gallois et le théâtre de Suresnes dans Mandala 2.0 (2024). Elle travaille aussi en partenariat avec des artistes plasticiennes comme Jill Guillais, Val Création ou encore Charlotte Mauger.
Elle mène régulièrement des ateliers de danse hip-hop et breakdance pour les enfants à partir de 7 ans, ainsi que des ateliers de médiation dansée autour d’œuvres littéraires ou chorégraphiques, en partenariat avec les établissements scolaires, les centres de loisir ou encore les scènes nationales. 
Elle suit actuellement une formation en danse électro à la Planke ainsi qu’une formation en interprétation au près de Carmel Loanga. 
Elle a créé les chorégraphies des pièces précédentes de Jeanne Deméautis : La vie en vrai (2022) et Entre autres (2023).